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La chute

La Chute, c'est deux choses étroitement liées entre elles qui mènent à une troisième (voir projet SCAN). La chute est une trame viodéographique de 10 secondes que j'ai créée pour un projet collectif du même nom (voir plus bas). Cette trame repose sur un simple concept de détournement des fonction d'un appareil commun, le numériseur. Cet appareil de capture d'image est ici transformé de manièe à laisser croire/voir la trace d'image sur la surface de son verre. Comme si le verre du numéseur avait une mémoire des images qu'il aurait capturées. Le balayage lattérale de son dispositif de capture (les deux néons verticaux) servant de mécaniquye d,apparition et d'effacement des images, marquant le temps de cette mémoire du verre.

Le projet de création [dont la résultante fût publier sur DVD]

Concept, direction et transformation des sources; Émile Morin et Jocelyn Robert (Avatar 2005)

 

On dit que dans les quelques secondes qui séparent la personne qui tombe d'une grande hauteur de son destin, elle voit passer devant ses yeux l’essentiel de son existence. Mais comment fait-on entrer des années dans quelques secondes ?

Les mathématiciens nous le disent depuis près de quarante ans : la longueur d’une banale feuille de papier à lettre se situe quelque part entre 27 centimètres et l’infini. C’est que la longueur est un concept flou : en effet, si on y regarde de près, le papier est plein d’aspérités. Quand on mesure, doit-on faire le contour des aspérités ou sauter par-dessus ? Si on suit le contour, la longueur mesurée triple ou quadruple rapidement. Mais si on y regarde de très près, on se rend compte que les aspérités entrevues sont en fait des vallées, des canyons, et que si on s’approche encore, il y a des particules, desquelles on peut faire le tour...  à l’infini.

C’est la même chose pour notre intérêt envers les choses qui nous entourent. Quand on y regarde de près, ce qui nous semblait être une image toute simple recèle une histoire complète, ce qu’on a pris pour une chansonette anodine est en fait témoin d’une toute une époque, d’un système social, d’une organisation politique.

C'est sur ce principe que nous avons mis sur pied le projet La Chute. Nous avons d'abord commandé à six artistes du film et de la vidéo et six artistes du son des pièces de 10 secondes, les prévenant que nous porterions ces 10 secondes à 10 minutes. Nous nous sommes ensuite arrêtés sur chaque pièce, video ou sonore, et avons élaboré et réalisé des stratégies d'étirement, de développement des ces pièces sur 10 minutes, en tentant de respecter les propos et les méthodes de la courte séquence d'origine. Nous avons enfin programmé le dvd pour permettre différents modes de lecture et d'association des images et des sons, de l'aléatoire complet au contrôle total.

Avatar se donne comme mandat non seulement de créer des circonstances de travail positives pour les artistes, mais encore de concevoir des situations dans lesquelles les créateurs se voient poussés hors de leurs habitudes de travail et confrontés à des contraintes leur permettant d'inventer de nouvelles approches. Nous sommes reconnaissants aux artistes de La Chute d'avoir bien voulu jouer le jeu.

 

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Le projet La Chute, entreprise collective, vise à faire voir le temps qui passe au travers la lentille médiatique. En passant une commande à des artistes de segments vidéo et en faisant passer ces segments d’une dizaine de secondes à une dizaine de minutes dans la machine logicielle, nous arriverons à voir ce que la lentille voit, à percevoir le temps entre les vidéogrammes. Le projet consistera à jumeler dix artistes du cinéma ou de la vidéo avec dix artistes en art audio. Chacun des artistes devra produire une très courte séquence d’une dizaine de secondes. Ces séquences seront ensuite « étirées » pour en faire des séquences de dix minutes. L’ensemble desdeux fois dix pièces sera par la suite publié sur DVD.

En fait, quand on dit "jumeler", il faut comprendre une association plus variable que ce que l'on est habitué de voir dans les collaborations artistiques. Ici, le support même du dvd devient un élément de composition : chaque video et chaque pièce audio pourront être associée par l'auditeur. Ainsi, il y aura dix fois dix possibilités de jumelage d'une trame sonore avec un bande image.

Autre élément apporté par la technologie : les trames sonores seront portées de dix secondes à dix minutes, mais ne seront pas altérées en termes de hauteur de son, ce qu'un ralentissement au magnétophone aurait produit. Nous utiliserons plutôt un logiciel récent qui permet de ralentir le déroulement du son sans en altérer la hauteur.

 

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Les stratégies de transposition sur 10 minutes des trames audio ou vidéo de 10 secondes furent aussi nombreuses que les sources. 

Sans jamais modifier ce qui compose le matériel initial, c'est sur par des variations de transposition temporelle que s'est faite le travail. Par la superposition de multiples couches, par le survol avec une caméra virtuelle de l'ensemble des images composant une séquence disposée côte à côte sur une grande surface, par la lecture des 600 images composant une séquence en revenant toujours à la première avant d'avancer plus loin (1 - 1,2 - 1,2,3 - 1,2,3,4) etc.. Nous avons mis en place des processus de transformation qui sans dénaturer la source lui donnait une tout autre ampleur. De la densité variable du temps émerge une densité dramatique nouvelle.

 

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Voici le résultat sur la séquence de 10 sec de La chute. La transposition sur 10 minutes par Jocelyn Robert. La trame son initial est de Jocelyn Robert que j'ai transposé ave l'aide de Mériol Lehmann sur 10 minutes. Il devient ici difficile de parler d'être clair sur la propriété intellectuelle de l'oeuvre...